On entend ce terme d’intelligence émotionnelle partout. Dans les sujets de marketing et vente, les discours RH ou les formations de management. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ?
Faire preuve d’intelligence émotionnelle (IE), c’est la capacité à reconnaître, comprendre et réguler ses propres émotions, ainsi que celles des personnes qui nous entourent, pour agir de façon adaptée et efficace.
En d’autres termes : c’est savoir pourquoi vous êtes de mauvaise humeur à 9h07 un lundi, et surtout ne pas passer vos nerfs sur votre stagiaire ou la machine à café qui fait encore des siennes 😤.
Définition de l’intelligence émotionnelle, ce mot à la mode
Imaginez la scène. Lundi matin, 9h, réunion d’équipe. Votre collègue vient d’essuyer une critique sèche de la direction devant tout le monde. Vous le voyez lever un sourcil… puis sourire et répondre calmement : « Merci pour ce retour. Qu’est-ce qui vous permettrait d’être pleinement satisfait ? »
Vous, vous auriez peut-être rougi ou bafouillé. Ou soyons honnêtes, répondu avec un sourire crispé et la gorge nouée qui ne trompent personne 🥴.
Ce que votre collègue vient de faire en une fraction de seconde ? Ce n’est pas de la magie. Ce n’est pas non plus un trait de personnalité réservé à quelques élus. C’est de l’intelligence émotionnelle et bonne nouvelle : ça s’apprend. Ou plutôt ça se développe.
Le concept a été popularisé dans les années 90 par le psychologue Daniel Goleman, qui a structuré l’IE autour de quatre grandes compétences :
- La conscience de soi : identifier ce que l’on ressent et comprendre son impact sur nos décisions
- La gestion de soi : gérer ses émotions, rester maître de ses réactions sous pression
- La conscience des autres : percevoir et comprendre ce que vivent les personnes autour de nous (alias : l’empathie)
- La gestion des relations : s’appuyer sur tout ça pour communiquer, convaincre, résoudre des conflits, et inspirer
L’objectif était d’avoir une méthode de développement personnel, axée sur la performance individuelle, ce qui a fait son succès.
Simple à expliquer. Relativement complexe à maîtriser, surtout si on ne vient pas vous préciser les notions derrière tout cela.
Pourquoi l’intelligence émotionnelle est devenue le modèle tendance ?
Voilà quelques années encore, les diplômes, certifications et compétences techniques primaient sur le reste. Aujourd’hui ? L’intelligence émotionnelle a fait son entrée dans le top 5 des soft skills les plus recherchées sur le marché du travail. Et c’est une compétence d’autant plus utile si vous êtes entrepreneur car elle permet de répondre à différents objectifs de succès d’une entreprise.
En quelques décennies, notre monde professionnel a radicalement changé :
- Les métiers évoluent à vitesse grand V : ce qu’on sait faire aujourd’hui sera peut-être automatisé demain (coucou l’Intelligence artificielle 🤖)
- Les relations humaines sont au cœur de la performance : vendre grâce au copywriting (la compréhension émotionnelle du comportement des clients), faire face à des conflits, faire preuve d’intelligence pour gérer des négociations notamment en maîtrisant sa colère
Dans ce contexte, les compétences techniques ne suffisent plus. Ce qui fait la différence entre un individu moyen et un performant ? Sa capacité à naviguer dans les émotions, que ce soit avec les siennes ou celles des autres.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les recherches de Goleman sur le quotient émotionnel (QE), deux tiers des résultats d’une entreprise sont liés aux compétences émotionnelles des managers. Et les individus à haut QE seraient trois fois moins susceptibles de faire un burn-out. Trois fois ! 🤯 C’est énorme et ça serait dommage de se priver des bienfaits que l’intelligence émotionnelle permet.
Les 5 signes que vous savez déjà gérer vos émotions
Avant de penser à développer votre intelligence émotionnelle, voyons où vous en êtes. Vous retrouvez vous dans ces situations ?
- Vous savez vous écouter sans effort. Vous sentez monter la fatigue ou le stress, vous l’identifiez et vous prenez du recul. Cela s’auto-régule naturellement.
- Vous adaptez votre façon de communiquer selon votre interlocuteur sans avoir besoin d’intellectualiser. Avec un collègue stressé, vous êtes apaisé. Avec un client direct, vous êtes concis. Vous vous adaptez spontanément sans pour autant vous sur adapter.
- Vous supportez bien les critiques (même quand elles piquent). Vous pouvez entendre un retour difficile, y réfléchir et en tirer quelque chose si besoin, le tout sans ruminer pendant trois jours (pas de pensées qui viennent vous polluer).
- Vous savez que vos émotions peuvent influencer vos décisions. Et du coup, vous évitez de prendre des décisions importantes après un coup de colère ou une mauvaise nouvelle et en même temps, vous êtes plutôt autonome d’être de bonne humeur ou non.
- Les gens autour de vous vous confient leurs problèmes. Pas parce que vous donnez des solutions à tout, mais parce qu’ils se sentent écoutés et compris, sans jugement.
✅ Vous avez coché plusieurs cases ? Bravo ! Vous avez une base solide. Et si vous en avez coché peu ? Pas de panique. Rappelons le : l’intelligence émotionnelle n’est pas un trait de personnalité figé. C’est une compétence. Et toute compétence se développe.
Comment développer son intelligence émotionnelle concrètement ?
Bonne question. Parce qu’on peut lire des dizaines d’articles sur le sujet sans jamais progresser d’un iota si on ne passe pas à la pratique.
Voici quelques pistes concrètes par pilier, testées et approuvées :
La conscience de soi, un avantage pour vous
Le pilier le plus simple à avoir en pratique car il s’agit en grande partie de théorie : identifier ce que l’on ressent et comprendre son impact sur nos décisions.
Pour vous aider, vous trouverez toutes les informations utiles pour comprendre vos émotions dans mon guide offert :
- le rôle de vos émotions (comment les identifier)
- votre système émotionnel (comment vous les ressentez)
- le cycle émotionnel (comment elles vous impactent)
- et identifier ce qui empêche leur régulation naturelle (ce qui les encombre)
Une bonne connaissance de vous et de vos fonctionnements est très utile. Vous pouvez notamment observer comment vos émotions communiquent avec vous. C’est votre système émotionnel et il peut se traduire de 3 manières différentes :
- par pensée (mentalement)
- par ressentis internes
- par ressentis externes. C’est-à-dire à travers vos sens kinesthésiques.
💡Astuce pour développer votre conscience de vous
Tenez un « journal d’émotions », 2 minutes par jour ✍🏼. Non, il ne s’agit pas d’écrire votre journal intime à la façon d’une ado de 14 ans. L’idée, c’est de noter chaque jour : Qu’est-ce que j’ai ressenti aujourd’hui ? Dans quel contexte ? Quelle a été ma réaction, mes pensées ? Cet exercice développe votre conscience de soi de façon spectaculaire. En quelques semaines, vous commencerez à repérer vos patterns émotionnels et vous permettra de savoir ce qui encombre votre système émotionnel.
La gestion de soi, un trait de personnalité complexe
Ici, c’est le pilier le plus chaud à avoir 😓. Qui peut dire qu’il maîtrise réellement ses émotions ? Qui peut dire qu’il est à même de réguler sa colère par exemple, de rester maître de ses réactions même sous pression ?
A priori pas les politiques vu les crises que beaucoup font et la dépendance à certaines drogues qu’ils peuvent avoir.
Un homme politique qui met une claque à un individu a un problème d’encombrement émotionnel. Un autre qui ne sait pas garder un ton calme dans un débat n’est pas non plus maître de ses réactions. Et si sous pression, des addictions se présentent, c’est que côté mécanismes inconscients se jouent des systèmes de compensation émotionnel. Tout est émotionnel ❤️.
Les scènes politiques sont la démonstration que l’intelligence émotionnelle mériterait d’être enseignée bien plus tôt à l’école. Même si il est préférable que les adultes appliquent déjà cette intelligence pour servir d’exemple pour les enfants 😉.
💡Astuce pour une meilleure gestion de vous-même
Appliquez la règle des 6 secondes ⏱️ avant de répondre par mail ou à l’oral. Dans une situation de tension, votre cerveau limbique (la partie émotionnelle) prend le dessus sur votre cortex préfrontal (la partie rationnelle). Vous aurez du mal à maîtriser cette partie là, liée à des mécanismes inconscients. Pour contrer ce mécanisme, attendez, respirez et répondez ensuite. Cela permet de laisser passer Six secondes. C’est peu mais ça change tout pour éviter de réagir à chaud et d’envenimer des relations.
La conscience des autres, un rôle important dans nos relations
Ce pilier là est intrinsèquement relié au précédent. Percevoir et comprendre ce que vivent les personnes autour de nous est relié à votre intelligence du coeur. Plus votre système émotionnel est libre, plus votre empathie sera naturelle vis à vis des individus, peu importe les évènements.
Exemple :
- une personne vous dit qu’elle a été harcelée, vous ne remettez pas en cause ces propos et ce qu’elle ressent
- votre client a peur de s’engager, vous entendez sa peur et ne le forcez pas à signer. Vous lui ouvrez plutôt des perspectives pour le rassurer.
La conscience des autres est un aptitude qui s’est beaucoup perdue je trouve et pourtant elle fait partie de l’être humain. C’est grâce à cette compétence que l’humanité peut se construire et se déployer.
La gestion des relations – utiliser cette compétence à votre avantage
S’appuyer sur l’intelligence émotionnelle pour communiquer, convaincre, résoudre des conflits ou inspirer, c’est un objectif intéressant.
Imaginez que vous puissiez influencer les personnes à acheter vos produits, sans pour autant passer pour un vendeur de tapis ? Générer du chiffre d’affaire de façon éthique, c’est bon pour l’environnement.
De nombreuses études ont été faites pour identifier les réactions des individus et les traduire émotionnellement. Une sorte de quête du graal pour tous les sociologiques et mentalistes.
L’impact de bien comprendre le lien émotions – relations
Car si l’on peut « contrôler » les ressentis et réactions des autres, cela à de nombreux atouts :
- Pouvoir prédire que tel produit sera un succès
- Investir sur les bons outils de marketing – gain de temps et d’argent
- Vivre dans un monde où les conflits se gèrent sans s’arracher les cheveux
Mais attention la frontière est fine entre influencer de façon positive et la manipulation négative (qui porte préjudice aux gens).
Attention à ne pas vous faire une mauvaise réputation dans le milieu professionnel
Si vous passez la frontière, cela peut créer des liens de pouvoir ou de dépendance qui sont peu glorieux. En communication, cela demande beaucoup plus d’intelligence humaine (= d’humanité) d’utiliser la paix que la peur, l’amour que la haine.
Exemple : certaines publicités utilisent la peur pour engendrer des achats. Par exemple, Carrefour utilise des exemples de malbouffe avec le fait de manger des boulons ou des peignes. C’est la peur manger des choses toxiques qui est utilisée. À l’inverse, Intermarché casse tous les clichés de marketing et prouve que mettre en avant l’amour et le fait de bien manger sont des valeurs importantes. Sa publicité avec le Loup a été un carton. C’est une preuve que l’on peut influencer positivement les personnes.
💡Astuce 1 – Posez des questions plutôt que de supposer.
Quand un collègue semble froid ou distant, au lieu de vous raconter qu’il ne vous aime pas ou qu’il est contre votre projet, demandez lui simplement : « J’ai l’impression que tu sembles préoccupé. Tout va bien ? » Souvent, la réalité est plus simple (et moins dramatique) que ce qu’on s’imagine.
💡Astuce 2 – Demandez du feedback régulier.
Difficile de développer son intelligence émotionnelle dans le vide. Demandez à des personnes de confiance comment vous leur apparaissez dans certaines situations. Leurs réponses vous donneront un miroir que vous n’avez pas seul. C’est d’ailleurs un point qui est souvent demandé dans l’accompagnement : obtenez le point de vue de vos proches sur vous même, cela vous aide à prendre du recul et voir vos axes d’améliorations. Vous pourrez peut être noter de la dissonance entre vos pensées et ce qui vous envoyez comme message. C’est la partie régulation qui aura besoin d’être travaillée dans ces cas là.
Et dans votre vie quotidienne au bureau ?
L’intelligence émotionnelle, c’est avant tout des situations concrètes. Alors, à quoi ça ressemble dans votre journée de travail ?
- Vous animez une réunion et vous sentez que quelqu’un veut prendre la parole mais n’ose pas → vous lui faites la place
- Vous recevez un email agressif d’un client (ou un commentaire haineux sur Instagram) → vous le lisez tranquillement et répondez avec du calme et de la précision
- Votre manager vous recadre devant l’équipe → vous gérez ce qui se passe en vous (honte, frustration, etc.) et en discutez calmement en tête-à-tête après
- Un collègue est démotivé depuis quelques jours → vous le remarquez et vous prenez cinq minutes pour lui demander comment il va
Ces micro-moments du quotidien, répétés des centaines de fois, définissent votre réputation professionnelle bien plus que vos compétences techniques. Ce sont ces moments qui font de vous un collègue précieux, un manager inspirant, ou une personne avec qui ont veut travailler.
Alors, êtes-vous prêt à développer votre super-pouvoir ?
Voici les vraies questions à vous poser en ce moment :
- La dernière fois que vous avez réagi « à chaud » 🔥 dans une situation professionnelle, qu’est-ce que vous auriez fait différemment avec plus de recul ?
- Est-ce que les personnes autour de vous savent comment vous vous sentez vraiment au travail ou vous êtes plutôt en mode « sourire de façade » 😁 ?
- Quel aspect de l’intelligence émotionnelle vous semble le plus difficile à maîtriser pour vous, personnellement ?
Il n’y a pas de mauvaises réponses. Il y a juste un point de départ.
L’intelligence émotionnelle n’est pas réservée aux personnes « naturellement douées » pour les relations humaines ou les hypersensibles. Elle n’est pas non plus l’apanage des leaders charismatiques ou des coachs de vie. C’est une compétence humaine, universelle, et profondément utile au travail comme dans la vie.
Et si vous commenciez dès aujourd’hui à développer cette compétence ?
L’émotion, c’est de l’information, pas du bruit
Pendant longtemps, on nous a appris que les émotions n’avaient pas leur place dans le monde professionnel. Qu’être professionnel, c’était être rationnel, froid, détaché. Sans parler de l’impact catastrophique que ça a pu avoir dans les familles de ne pas être autoriser à s’exprimer. Cela a eu l’effet d’une bombe sur nos interactions, anéantissant tout ce qui fait que l’être humain est humain.
On sait aujourd’hui que c’est faux. Les émotions et sentiments sont présents dans chacune de nos décisions, chacune de nos interactions, chacun de nos jugements. La question n’est pas de les supprimer car c’est impossible. C’est ce qui fait de nous un être humain.
La question est de savoir les comprendre et les utiliser à notre avantage.
La clé de l’intelligence émotionnelle, c’est exactement ça : transformer vos émotions en informations précieuses, plutôt qu’en parasites incontrôlables. C’est passer du mode « subi » au mode « choisi ».
Et ça, ça n’a pas de prix 💖.
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Vous êtes arrivé jusqu’ici ? Vous avez déjà prouvé une chose : vous prenez votre développement personnel au sérieux. C’est justement ça, le premier signe d’une haute intelligence émotionnelle 😉.