Le burn out au travail, c’est quand le corps et/ou la tête n’ont plus de force, plus de jus, malgré toute la meilleure volonté de la personne. Et malheureusement ça peut arriver à chacun d’entre nous. Je suis aussi passé par là, il y a maintenant plus de 10 ans. Et on peut éviter ça. Mais au fait, comment on arrive au burn out?
Afin de comprendre comment le burn out ou l’épuisement professionnel peut s’installer dans la vie de chacun, je vais vous raconter l’histoire de Bob. Pour cette histoire, je vais utiliser quelques métaphores et partir des postulats suivants :
- Un citron vert 🍋🟩 désigne une personne qui démarre dans la vie active. Qu’il soit jeune ou pas, peu importe, il n’a jamais connu le monde du travail.
- Un citron jaune 🍋 désigne une personne qui a de l’expérience dans la vie active mais qui est toujours resté dans la même entreprise.
- La Fabrique à citrons désigne une entreprise – plutôt grande à méga grande (et pas forcément une fabrique à citrons, c’est une métaphore je vous rappelle).
Ça vous semble clair? Non? Dites le moi en commentaire! Et si oui, super, continuons!

Maintenant je vais vous raconter l’histoire de Bob, le citron vert.
La métaphore de Bob le citron vert et son burn out
Bob est tout content, il a trouvé son 1er job! Il est fier de démarrer dans la vie active, de pouvoir gagner son 1er salaire. En plus Bob a été recruté dans un grand groupe : la Fabrique à citrons.
La cueillette des citrons
Et cerise sur le gâteau, la Fabrique à citrons a mis tous les moyens pour qu’il se sente bien dès le début. Un package de prestations tout confort afin qu’il démarre au mieux dans le monde du travail :
- une mutuelle pour lui permettre d’être remboursé en cas de pépin de santé
- un poste de cadre pour plus de liberté
- des congés payés et RTT pour se reposer et profiter de la vie
- des primes sur objectifs pour le motiver
Il y a même toute une équipe dédiée au bien-être pour qu’il ne se presse pas le citron. C’est pour dire!
Et puis on lui a aussi dit que les gens de la Fabrique étaient recrutés dès leurs sorties d’école et qu’ils pouvaient faire toute leur carrière dans la Fabrique. C’est rassurant. Si les gens restent, c’est qu’ils sentent bien non? D’ailleurs son chef (un citron jaune) lui explique qu’il a commencé comme citron vert ici, il y a plus de 20 ans maintenant. Il n’a pas vu le temps passé!
Bob est au maximum de son potentiel pour s’investir dans le monde professionnel!
L’installation de l’extracteur de jus
Comme Bob n’y connait pas grand chose dans le monde de la Fabrique, il a callé ses horaires sur ces collègues. Il peut maintenant dire qu’il fait « métro, boulot, dodo ». Même si Bob est nantais et qu’on est plutôt sur « vélo, boulot, dodo ».
Comme Bob n’est pas aussi rodé que ces collègues sur les fonctionnements, il s’investit pour comprendre, décortiquer et être le plus vite opérationnel car on compte sur lui. Il se met la pression comme tout le monde. C’est souvent le 1er arrivé et le dernier parti. Ça lui arrive même de travailler chez lui le soir ou le we pour gagner du temps sur le terrain.
Comme Bob ne connait pas très bien le management opérationnel (de terrain), il apprend en observant ses chefs. Il a de la chance, c’est varié. Le chef de Bob est très respecté car il travaille avec la direction. Quand une directive est prise la haut, son chef la lui transmet telle quelle. On respecte toujours les décisions de la direction à la Fabrique, c’est important. D’ailleurs le respect fait partie des valeurs de la Fabrique.
Bob vient de mettre le pied dans l’engrenage. Sans même s’en rendre compte.
Plus un citron est pressé, plus il se dépêche… Pierre DAC
La machine à jus est rodée
Le temps passe et Bob est maintenant un citron jaune. Il est rodé sur les mécanismes de la Fabrique. Si on demande à Bob si tout va bien, il répond que ça va. Même si il avoue à certains de ses proches qu’il est un peu fatigué parfois. Pourtant il aime son métier et il pose régulièrement des congés.
En réalité, ce que ne dit pas Bob, c’est qu’il pense souvent à son travail :
- Avant de s’endormir. Parfois même, il rêve des dossiers qu’il a en cours
- En congés, c’est difficile de décrocher pour Bob : toujours une idée, une pensée! Faut dire qu’il est très investit dans son travail
- Avec ses proches, il a du mal à être 100% présent, les pop ups de pensées liées à son travail lui arrive en tête pour le distraire.
Mais c’est normal après tout, Bob aime son métier. Alors Bob continu comme il peut sa vie : vélo, boulot, dodo avec ses proches et ses congés.
Bob ne le sait pas encore, mais il va droit vers des pépins.
Les pépins poussent, le jus sort
Bob a une réunion importante aujourd’hui. Il est un peu stressé car elle ne s’annonce pas très bien. En plus, certains de ses collègues sont absents, il a dû fournir plus de travail pour compenser.
Le soir en rentrant chez lui, Bob s’énerve facilement. C’est la faute des enfants aussi! Il a besoin de calme pour se reposer et ils mettent un bazar dans toutes les pièces.
Bob aime profiter de la vie : il a choisi des vacances dans un endroit qu’il affectionne particulièrement. Au programme : bons temps et sorties avec ses proches! Il est content. Et il fait aussi régulièrement du sport pour évacuer et des activités qu’il aime. Même si il a un peu moins de temps à y consacrer depuis quelques mois.
Bob a une tendinite depuis quelques temps qui l’empêche d’être 100% opérationnel. Il se dit que ça va passer. De toute manière il n’a pas le temps de s’en occuper, il a plein de choses à faire et peu de temps.
Les pépins sortent et le citron n’a plus de jus
6h du matin, Bob n’arrive plus à se lever. Il veut pourtant, mais son corps n’y arrive plus. Comme si toute sa force physique l’avait quitté. Il sent que ses pensées sont embrouillées, il n’arrive plus à réfléchir.
Bob ne comprend pas ce qui se passe. Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter ça?
Bob prend rdv chez le médecin et le verdict tombe : épuisement professionnel.
Résumé des étapes clés du chemin vers le burn out
Comment Bob a pu se retrouver en burn out? Je vais parler ici des étapes clés qui font que Bob s’est retrouvé en épuisement professionnel. Car comme beaucoup de personne, Bob n’a pas vu venir son burn out. Il pensait être protégé et épargné. En plus, Bob adore son travail, ça n’a pas de sens. Bob ne comprend vraiment pas pourquoi son corps et sa tête le lâchent. Et pourtant, il est passé par 2 étapes clés.
Se dire que ça va aller / minimiser le(s) problème(s)
Quand Bob a un petit soucis de santé (manque de sommeil, stress), il se dit que ça va aller, que c’est normal. Après tout, ça arrive à tout le monde. Bob a sûrement raison. D’autres ont aussi ces soucis et ne se retrouvent pas pour autant en burn out.
Sauf qu’un petit soucis + un petit soucis + un petit soucis = cumul de soucis.
Un manque de temps qui empêche de prendre du recul
Dans le rythme vélo/boulot/dodo, Bob a la tête dans le guidon. Il n’arrive plus à prendre du recul. Le manque de temps l’en empêche et en même temps prendre du temps pour lui crée aussi des soucis sur d’autres aspects de sa vie. C’est le serpent qui se mort la queue. Bob n’a pas la possibilité de trouver des solutions.
Mais comment on en arrive au burn out?
En fait, Bob est humain. Et l’histoire de Bob, cela peut être l’histoire de chacun.
Connaître les étapes clés qui mènent à un burn out ne permet pas forcément d’empêcher son arrivée. Parce que Bob est humain et qu’il y a tout un tas de mécanismes qui font que : « on ne voit pas venir le burn out ». Mais dans ces étapes qui mènent à l’épuisement, il y a des indices qui doivent vous alerter :
- stress, nervosité ou tension dans le corps
- avoir besoin de contrôler, d’être dans l’anticipation – souvent lié à la difficulté à lâcher prise
- problèmes de sommeil. Et ça commence dès que vous mettez plus de 30 secondes à vous endormir, que vous vous levez la nuit ou en cas d’insomnies
- des pensées toujours en tête : certaines qui vous mettent la pression (il faut faire ça ou ça, je peux encore fait plus, etc) ou qui vous critique
Tous ces indices sont des précurseurs au burn out. Ils n’y mènent pas tous mais votre corps vous alerte déjà à travers ces signes.
