Colère au travail, émotion moteur ou destructrice?

Ce qui est complexe avec la colère, c’est que sa définition est très flou. D’ailleurs si on demande à 1000 personnes comment leur colère s’exprime, elles auraient sûrement des réponses différentes.

Pourquoi vous vous énervez au travail?

Selon les études faites sur le sujet, les déclencheurs les plus courants de la colère sont les suivants :

  • les injustices organisationnelles qui engendrent un traitement inéquitable entre employés. Par exemple Michel qui a diplôme, ancienneté et travail égal est payé plus que Michelle. Ou Michelle, prioritaire tous les ans pour ses congés d’été parce qu’elle a des enfants alors que Michel, sans enfant voudrait juste profiter d’un été à ne rien faire au soleil.
  • les contraintes du travail : deadlines de plus en plus serrées, pression vis à vis des objectifs financiers. Le toujours plus.
  • les manques de moyens : l’imprimante qui passe son temps à tomber en panne, vous faisant perdre un temps précieux. Le logiciel informatique qui fait des bugs et d’ailleurs, pourquoi votre mot de passe ne marche pas aujourd’hui?!
  • les conflits interpersonnels. D’autant plus qu’ils peuvent être renforcé par les autres déclencheurs. Par exemple votre patron qui ne prend jamais en compte votre avis pour vos congés ou un collaborateur qui n’en fait qu’à sa tête comme Michelle, habillée de son pull en laine, qui passe son temps à ouvrir la fenêtre en plein hivers pour aérer alors que vous vous caillez

Et puis il y a aussi les évènements négatifs personnel qui impactent votre quotidien :

  • un sommeil de moins bonne qualité et vous êtes plus facilement à fleur de peau.
  • les tensions dans les relations amicales ou familiales
  • un changement dans votre organisation personnelle et vous avez le sentiment que le sort s’acharne. Quel est le c**** qui a bloqué mon véhicule?

🚨 Plus vous cumulez ces facteurs, plus cela augmente la probabilité d’épisodes de colère. Effet cocotte minute garanti.

Sauf que généralement pour cette colère, vous n’avez pas le mode d’emploi pour évacuer la pression simplement.

Si vous allez avoir du mal à contrôler tous ces facteurs extérieurs à vous, vous pouvez toujours choisir de ne pas vous énerver au travail. À condition de bien comprendre ce qui se joue derrière cette colère.

D’ailleurs, cette émotion qui vous traverse n’est peut être pas ce que vous croyez.

Une émotion moteur pour protéger vos limites

La définition la plus commune de la colère est qu’elle est là pour poser vos limites. Une sorte de protectrice de vos besoins.

Mais celle qui est un carburant dans votre vie à des caractéristiques bien particulières.

Une réponse de protection de vos limites

Votre colère qui pose des limites, c’est celle qui va s’activer par exemple quand Michelle vous a insulté. Elle vient vous dire que votre collègue a dépassé les bornes, qu’elle a poussé le bouchon un peu trop loin.

C’est aussi votre colère qui vient vous dire que ce n’est pas juste que ça soit Michel qui soit récompensé pour le travail que vous avez fait. Simplement parce que lui sait se mettre en avant et pas vous.

Votre colère est la gardienne de votre bien-être. C’est sa raison d’exister.

Son impact sur votre santé mentale et physique

Votre colère a une manière bien particulière de s’exprimer. Face à une situation, elle va s’activer à travers différentes réactions :

  • une pensée qui vient simplement vous signaler le carton rouge d’un débordement sur vos limites
  • un ressenti qui vous fait chauffer de l’intérieur quand on vous cherche, mais qui passe aussitôt une fois que vous l’avez compris
  • une tension dans votre corps comme pour vous dire d’être en alerte face à un abus que vous venez de découvrir

Quand votre colère s’exprime, c’est toujours de façon éphémère et dans certaines situations.

Elle n’aura jamais d’impact négatif sur votre santé mentale ou physique.

Si vous sentez qu’elle pompe votre énergie, engendre de la frustration, crée de la tension ou du stress sur la durée pour vous, c’est qu’il ne s’agit pas de votre colère. Mais plutôt d’un encombrement.

Ça, c’est l’autre colère. Celle qui fait que vous vous avez du mal à vous contrôler voire même que vous pouvez être agacé d’être énervé.

La colère qui ronge de l’intérieur

La colère qui fait couler le plus d’encre, c’est celle-ci. C’est la colère de la presse à scandale, celle qui fracasse et détruit, plutôt que construire. Celle qui vous fait du mal et vous ronge de l’intérieur.

Comme un ver dans une pomme, cette colère vient pourrir toute entreprise, quelque soit la taille. Et si vous êtes solopreneur, elle peut vous pousser dans vos limites voire même au burn-out.

Les comportements liés à cette colère

Les comportements liés à ce ressenti sont assez facile à identifier :

  • réactivité au quart de tour
  • montée de chaleur
  • transpiration qui s’active à la moindre interaction
  • mots qui fusent plus vite que souhaité et qui vous font culpabiliser après
  • difficulté à dire facilement ce que vous pensez
  • fort besoin de contrôle
  • ruminations et remises en question régulières

Toutes ces réactions sont le signe que votre propre système émotionnel est encombré.

La gestion de cette émotion peut être difficile car votre propre système émotionnel ne sait pas la gérer. Cela se présente comme une sorte de programme indésirable en vous que vos émotions n’arrivent pas à changer.

Comme si on essayait de défaire vos propres besoins, vos fondations internes, mais de l’intérieur. Un buldozzer interne prêt à tout pêter.

Cette colère est un vrai problème car elle pousse à bout.

Les effets de la colère sur la productivité et l’ambiance au travail

Quand cette colère est présente, elle a impact négatif sur l’ambiance au travail :

  • irritabilité voire comportements agressifs. Vous êtes plus impatient face à un collègue ou un client…
  • propagation du stress (ou de l’anxiété) comme une boule de neige. Ce client très stressé vous communique en un éclair tout son stress.
  • pression ressentie plus régulière parce qu’il faut faire « coûte que coûte »

Et si l’ambiance n’est pas ouf, l’impact sur la productivité va se faire ressentir :

  • difficulté à se concentrer qui nécessite de répéter les choses ou de créer d’autres stratagèmes d’organisation (des to do list pour ne rien oublier par exemple).
  • s’éparpiller dans des tâches et ne pas vraiment avancer sur tout
  • tensions dans les équipes qui peuvent engendrer plus de risques d’accident
  • état de fatigue qui augmente la procrastination
  • besoins d’aller aux toilettes plus fréquents. C’est le signe que vos besoins primaires sont « déréglés » de l’intérieur.
  • des pauses clopes beaucoup plus présentes.

Stop à la culpabilité de la colère

Ayez à l’esprit que personne ne choisit d’être en colère.

Mais tout le monde peut choisir de se défaire de la colère qui déclenche ses effets négatifs.

En tant qu’hypnopraticienne, j’accompagne très régulièrement en cabinet des personnes qui me demandent de l’aide pour réguler leur colère.

Je ne donne jamais d’outils de régulation émotionnelle. Car si vous n’arrivez pas à la réguler, c’est qu’il ne s’agit pas de votre colère mais d’un encombrement de votre système émotionnel qui vous empêche d’être autonome sur vos émotions.

Être en colère vous pompe énormément d’énergie. C’est un indice que vos émotions souffrent aussi de cette énergie toxique.

Alors que si votre système émotionnel est libre, votre colère vous permet d’avancer sans vous épuiser. Et votre travail n’en sera que plus serein et de meilleur qualité 😉.

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