Prenez votre café ☕, parce qu’aujourd’hui on démonte un mythe que vous traînez probablement depuis l’école primaire : la différence entre émotion et sentiment ! Parce que vous pensez sûrement que c’est pareil, non ?
C’est normal. Tout le monde le pense, le dictionnaire lui-même s’y perd parfois.
Mais si vous voulez vraiment arrêter de subir ce que vous ressentez… cette distinction, c’est LA clé. Et tout le monde peut développer cette capacité.
Reconnaître vos émotions et sentiments
Vos émotions sont votre boussole de vie
Une émotion est quelque chose qui arrive sans que vous ayez besoin de réfléchir. C’est automatique. Instantané. Universel.
Vos émotions connaissent leur job mieux que personne et sont toujours là pour vous soutenir. De vraies pompom girls à vos côtés 🎉.
Maintenant imaginez. Votre chef vous appelle en urgence un samedi matin à 05h30. Ce réveil en sursaut qui vous met au garde à vous, ça, c’est une émotion.
Pas une pensée. Pas un choix. Un mouvement, une réaction du corps qui dit : « Hé, il se passe un truc inhabituel là. »
Les chercheurs comme Paul Ekman ont répertorié 6 émotions de base qu’on retrouve chez tous les êtres humains. Peu importe la culture, le pays, l’histoire personnelle. Il s’agit de la joie, la tristesse, la colère, la peur, le dégoût, la surprise. Bon, je ne suis pas tout à fait d’accord avec lui sur le terme d’émotion de base. C’est pour ça que de mon côté, je ne parle que des 4 premières émotions.
Mais sur le principe, tout être humain a un système émotionnel qui fonctionne de la même façon. Il répond aux besoins physiologiques.
Votre corps les produit de la même manière que votre voiture produit une alerte sur le tableau de bord. Automatiquement. Pour vous guider dans votre vie.
Les sentiments sont les liens avec vos relations
Le sentiment, lui, se construit avec les autres.
C’est le ressentit ou les pensées qui construisent du lien avec les gens. Ou à l’inverse, qui viennent défaire ce qui vous lie aux autres.
Quand vous rencontrez quelqu’un, le sentiment dit : « Elle est sympa cette personne » ou « Je ne la sens pas ».
Tout un tas de signaux inconscients se transmettent d’individu à individu. Certains préfèrent parler de feeling ou vibration, peu importe le mot qu’on choisit.
C’est un peu comme si votre cerveau passait à la moulinette différentes données : première impression, vêtements, ambiance, etc. Mais aussi votre vécu, vos croyances, vos expériences passées… et tous ces signaux se cumulent pour créer un sentiment.
Reprenons votre chef qui appelle le samedi matin :
- L’émotion : c’est le coup de speed dans votre corps qui vous alerte au moment où votre téléphone sonne.
- Le sentiment qui suit face à votre chef : « Quel con à me réveiller si tôt !!! », c’est un sentiment – un jugement en l’occurrence à son égard. Et encore, je dis « sentiment », mais je vais y mettre une nuance très bientôt !
Vous voyez la différence entre émotion et sentiment ?
L’émotion dure quelques secondes. Elle crée un mouvement selon une situation ponctuelle. Et elle n’a intérêt que pour vous.
Le sentiment, lui, peut durer des heures, des jours. Parfois des années. Parce qu’il se nourrit de tout ce que vous avez construit dans votre tête depuis que vous êtes en âge de vous souvenir. Ou plutôt, de tout ce qui est stocké dans votre tête.
La charge émotionnelle souvent confondue avec l’émotion ou le sentiment
La plupart des personnes qui me disent « je gère mal mes émotions » font en réalité une chose précise : elles se battent contre des charges émotionnelles. C’est-à-dire contre ce qui encombre leurs sentiments ou émotions.
Et c’est épuisant. Vraiment.
Parce que chercher à supprimer une émotion ou un vrai sentiment, c’est comme essayer d’empêcher votre genou de se plier quand le médecin tape dessus avec son petit marteau. Bonne chance 😉
L’émotion ou le sentiment, dans les 2 cas, on ne les contrôle pas.
Émotion versus charge émotionnelle
Par exemple, quand vous avez faim, vous avez faim. C’est une des émotions les plus primaires. C’est pour ça qu’un nourrisson pleure ! Parce que c’est un besoin vital dont personne ne peut se passer. Et en l’occurrence, les pleurs sont le signal d’alerte pour vous informer qu’il a faim. Comme le coup de fil de votre chef à 6h du mat’ !
Sentiment versus charge émotionnelle
Côté sentiment, la confusion est d’autant plus forte. Les « vrais » sentiments sont souvent constructifs et la volonté des autres n’est pas censée avoir d’influence dessus. Et là, que les sentiments soient positifs ou négatifs.
Les sentiments positifs
Par exemple, tomber amoureux ne se maîtrise pas. Les coups de foudre où l’on sait que c’est LA bonne personne – sans vraiment avoir d’éléments concrets justifiant ce point – en sont la preuve.
Rappelez vous la première fois que vous avez adoré un groupe de musique au point d’écouter en boucle pendant des heures. Personne ne vous aurait fait changer d’avis dessus.
Les sentiments dits négatifs
Pour les sentiments plus négatifs, c’est souvent beaucoup plus complexe pour arriver à savoir si c’est un sentiment réel ou une construction – liée à des charges émotionnelles.
On retrouve ici par exemple :
- la haine,
- le dénigrement,
- la jalousie
- la violence, etc.
Combien de gens détestent sans savoir pourquoi, nourrissant une sorte de haine et de critique à leur égard ?
Une sénatrice du Paraguay qui dit à propos de Kylian Mbappé : « Cette brute n’a même pas appris à écrire […] » – c’est l’expression de la charge émotionnelle qui se traduit par la haine. Ressenti sûrement construit du fait de son histoire, mais qu’elle choisit d’alimenter.
N’oubliez pas que c’est un acte volontaire de parler comme ça de quelqu’un. Et encore plus d’allumer le braisier de la haine 🔥.
Heureusement, la charge émotionnelle, elle, on peut la travailler. La transformer et la faire disparaître.
Impact des émotions et des sentiments dans la vie quotidienne
Le moins que l’on puisse dire c’est que nos émotions et sentiments ont un fort impact dans notre vie. Ou plutôt les charges émotionnelles qui se font passer pour eux vont impacter notre quotidien. Et rarement de la bonne façon.
Influence sur le comportement
Si votre système émotionnel est encombré, cela peut impacter directement vos sensations et comportements :
- le stress peut vous rendre irritable et pourrir vos relations de travail
- l’anxiété peut pousser votre perfectionniste à l’extrême. Au point de ne jamais finir les choses tout en vous donnant l’impression de ne pas avoir assez de temps. Toujours occupé.e à faire milles tâches à la fois. C’est le cocktail idéal pour saboter votre travail.
- la jalousie (charge émotionnelle) peut vous ronger de l’intérieur. Elle focalisera toute votre attention sur ce qui vous pique. Mais tel un diablotin, vous détournera du chemin pour construire des relations saines.
- la haine a souvent pour effet d’amener à la guerre. Cela commence parfois très tôt. Souvenez-vous quand vous étiez enfants : les guéguerres entre collèges. « ah toi t’es de Jean Edmond, je te parle pas moi parce que je suis de St Joseph ». Et après ça finit en cours d’école au parlement 😅.
Rôle dans la prise de décision
Avoir un libre arbitre pour décider, c’est techniquement être libre côté émotion et sentiment. C’est-à-dire avoir zéro charge émotionnelle pour perturber vos radars. Un état émotionnel neutre par défaut quoi. Et dans ces cas là, pas besoin de gérer ses émotions.
Imaginez. Vous avez une boutique et vous êtes en début de mois. Mais vous êtes déjà paniqué.e à l’idée de ne pas faire votre chiffre d’affaires. Des pensées s’activent dans votre tête en mode « et si » :
- et si la canicule décourage les gens de sortir ?
- et si poles gens n’aiment pas ce que je propose ?
- et si je n’arrive pas à payer mes factures ?
- et si je suis obligé.e de mettre la clé sous la porte ?
On est en début de mois. Vos émotions vivent dans le présent. Pas dans le passé, ni le futur. Elles n’ont pas de boule de cristal non plus sur les goûts et envies des gens.
Ici, toutes ces pensées ont pour origine de la charge émotionnelle. Et si elles prennent trop de place, elles risquent de vous faire prendre des décisions peu cohérentes.
Et dans ces cas là, elles peuvent avoir un côté prédictible. Parce que certaines s’auto-alimentent. C’est pour ça que quand quelque chose de négatif arrive, on se dit parfois « j’étais sûre que ça allait arriver ! ». Cette charge est ravie de se nourrir de ce qu’elle avait prévu – de vrai diablotin je vous le dis.
Les grands dirigeants qui prennent de bonnes décisions ne sont pas pollués. Que ce soit par des pensées, des peurs ou même des boules au ventre.
Une différence entre émotion et sentiment qui vous rend libre
Je le répète souvent à mes clients, être libre émotionnellement, c’est une des plus grandes libertés :
- votre rythme cardiaque bat à votre rythme – pas d’emballement lié au stress ou à cause de propos d’un collègue
- votre charge mentale n’existe pas car vous avez aussi l’esprit léger
- vous êtes à l’écoute de vos besoins, physiques ou affectifs. Le tout sans effort ni routine à avoir de longues durées.
Donc la prochaine fois que vous sentez quelque chose monter (le stress, la gorge qui se serre, la mâchoire qui se crispe, montée de chaleur en vous), posez-vous juste cette question :
« C’est une réaction cohérente de mon corps… ou c’est la manifestation d’une charge qui se raconte en moi ? »
Pas besoin de trouver la réponse parfaite du premier coup. Et si besoin, vous avez le GPS offert dans le Guide utile pour vous aider à y voir plus clair.